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Association des Industries Ferroviaires Nord Pas-de-Calais

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BOMBARDIER A CREPIN

L’heureux enchaînement

Les contrats du siècle se succèdent à Crespin : avec l’Autorail Grande Capacité (AGC) que toutes les régions françaises ont commandé pour leurs réseaux et aujourd’hui la Nouvelle Automotrice Transiliennne, l’entreprise s’est donné une visibilité industrielle pour les dix ans à venir.

Bombardier, avec 612 commandes fermes pour l’AGC dont 220 sont déjà livrés et 172 trains NAT pour l’Ile de France avec une option sur 200 supplémentaires, s’est imposé comme le leader du transport régional. Les succès ont un impact direct sur l’emploi puisque l’usine a déjà embauché 90 personnes en CDI en 2006. Le Transilien, nouvelle fabrication à Crespin, va aussi bénéficier aux sous-traitants régionaux, plus de 400 dans toute la France. Aujourd’hui, Bombardier emploie 1650 personnes : elles n’étaient que 900 lors du rachat du site valenciennois par Bombardier Transport en 1989.

Remi Causse, directeur du site Bombardier à Crespin parle avec gourmandise de ces réussites industrielles : "Nous pratiquons l’écoute de nos clients, nous enquêtons auprès des passagers ; c’est ce qui mobilise nos designers, nos bureaux d’étude. Le Transilien est un train vraiment conçu pour l’utilisateur et l’exploitant. Il est climatisé, les fauteuils sont plus larges, l’éclairage est étudié pour accentuer la sensation de bien-être."

Les conditions de conception et de réalisation de cette nouvelle commande illustrent l’évolution de l’industrie ferroviaire tenue désormais par des objectifs de qualité et de fiabilité : "Ces objectifs sont contractuels : Le niveau de fiabilité que nous devrons atteindre au dixième train est sensiblement celui que nous avons atteint au centième train pour l’AGC".

Autre contrainte, le délai d’exécution : "La commande date de novembre 2006 mais déjà aujourd’hui la traverse de tête est en fabrication et nous assemblerons la première voiture en août 2007. Le premier train sortira en mai 2008."

C’est une vraie révolution dans les modes de conception et de production qui a permis cette accélération. Témoin, chez Bombardier, l’effectif des études et des méthodes va doubler en deux ans ! Une évolution qui conforte aussi la puissance créatrice et industrielle du site : Bombardier à Crespin dispose de toute la chaîne de valeur, de la conception, aux études, de la fonction commerciale à la production et à la mise en service.

 

Donner aux PME les moyens de réussir

C’est un industriel équipementier qui préside désormais l’Association des Industries Ferroviaires : Daniel Capelle, directeur général de Valdunes France, souligne ce symbole "décisif".

L’association qui rassemble 70 entreprises dont les constructeurs, affirme ainsi son champ d’intérêt premier, sa mission fondamentale : le terrain des PME, l’appui à leur développement, les conditions de leurs réussites, du succès de la filière régionale.

Le nouveau président pose en quelques phrases toute la logique de l’action de l’AIF : "Les grands noms du ferroviaire n’ont pas besoin de nous ; ils savent comment améliorer leur profitabilité, assurer la veille sur le marché, travailler l’innovation. Mais pour les petits, ce sont des dimensions parfois difficiles à maîtriser. Or ce sont trois axes sur lesquels se joue la réussite d’une entreprise. L’AIF est là pour répondre à leurs demandes, pour les épauler dans cette démarche nécessaire face à l’évolution du marché".

L’AIF est orientée vers les PME mais, vertu de la démarche associative, elle s’appuie sur les grands donneurs d’ordre, les constructeurs, Bombardier, Alstom. Comment les PME peuvent elles s’adapter aux exigences de leurs systèmes qualité, s’accorder à leur organisation logistique ? Comment peuvent-elles limiter leur "ferrodépendance", élargir leurs marchés, intégrer de nouvelles technologies, innover, appréhender de nouveaux champs d’application aux technologies et aux savoir-faire qu’elles maîtrisent ? La mission de l’AIF est de mutualiser la recherche des bonnes réponses. L’AIF intervient en apportant de l’information, de l’accompagnement.

Exemples

Les constructeurs, les ensembliers réduisent le nombre de leurs fournisseurs directs, souligne Daniel Capelle. L’évolution va se faire dans les cinq ans : il est impératif que les petits sous traitants s’organisent, se constituent en réseau de compétence. Les constructeurs modifient leur gestion de production en calquant celle-ci sur les modèles industriels du juste-à-temps. Au fournisseur de livrer à l’heure et sur la chaîne les équipements sous-traités. Quand un constructeur demande aux fournisseurs d’établir son planning de livraisons sur un portail internet, voilà qui peut perturber une entreprise rompue aux exercices traditionnels. L’AIF est intervenue sur le thème. Un séminaire rassemblant Bombardier et les fournisseurs a permis de présenter le portail, d’entendre des témoignages, de s’informer sur les droits et devoirs de chacune des parties. L’AIF travaille à la mise en réseau entre partenaires de la filière. L’association a vocation de plateforme de rencontre, de mutualisation des connaissances qu’elles portent sur l’innovation ou le développement.

Exemple l’appui à l’exportation. Pour ouvrir les PME vers les marchés à l’international des rencontres vont être organisées avec des équipementiers anglais et allemands. Ces rencontres font partie d’un programme d’actions 2007 comportant la mise en place d’une véritable boîte à outils export. Le marché du matériel ferroviaire est international : ouvrir l’horizon des entreprises, leur apporter des instruments simples, concrets permettant de se développer, d’accrocher des horizons nouveaux font partie des objectifs de l’association.

Dernier exemple l’assurance qualité : les soustraitants doivent intégrer dans leurs propres démarches les référentiels des constructeurs. C’est une condition sine qua non de leur pérennité. Pour les aider à comprendre, analyser et intégrer ces nouvelles conditions de travail et de qualité, l’AIF est aux côtés des PME. Le rôle pédagogique de l’Association est essentiel. Derrière ces démarches, c’est toute la réussite du tissu régional qui est en jeu. Donner aux entreprises les capacités de savoir répondre aux exigences des donneurs d’ordre, d’être au meilleur niveau pour rester fournisseur d’un marché soumis à de nouvelles concurrences. C’est à la fois le challenge et l’ambition de l’AIF.

 

Un nouveau directeur des achats à la SNCF

Pierre Pelouzet, quarante trois ans, titulaire d'une maîtrise en sciences économiques et économétrie, et diplômé de l'ISG (MBA International) et de l'INSEAD (Entreprise Leadership Program) a rejoint CEGELEC en 2004 où il assure la fonction de Directeur des Achats du groupe. Auparavant il occupait, chez EXXON Mobil, différentes fonctions dans le management des achats au niveau international: directeur des achats Europe, Afrique, et manager des achats stratégiques aux Etats Unis. Il a également plusieurs années d'éxperience dans des fonctions de vente et de marketing. Depuis Juin 2006 il est aussi le Président de la CDAF. La CDAF (Compagnie des Acheteurs de France) regroupe 3500 adhérents appartenant à 1400 entreprises et a pour vocation de promouvoir et de continuer à professionnaliser les métiers des achats.

Né en 1963, Pierre Pelouzet, ISG 1988, a occupé des fonctions commerciales et marketing avant d'entrer en 1955, chez Exxon Mobil, où il fût en 2002 Directeur des Achats Europe du Sud. Depuis 2005, il dirigeait les achats groupe de Cegelec. Il préside, par ailleurs, la compagnie des achateurs de France.

 

S'internationaliser, le défi des sous-traitants du ferroviaire

Le secteur du ferroviaire se porte bien et les perspectives sont encourageantes


Laurent Bernard, PDG d'OPF et président du groupement de marché FIM Ferroviaire. Nos clients - les constructeurs de matériel ou les exploitants pour la maintenance - exercent depuis quelques années une telle pression sur les prix que nous ne pourrons pas résister longtemps à ce rythme.

"Mettre en commun nos moyens"

Pour affronter ces difficultés, les sous-traitants misent sur l'internationalisation de leur activité.

Objectifs: rechercher de nouveaux clients sur les marchés émergents et diversifier leurs sources d'approvisionnement propres. "A l'exportation, la croissance est forte dans nos métiers (de 5 à 10% selon les secteurs) mais nos entreprises sont souvent trop petites et trop peu armées pour affronter ces marchés."

Pour parer à ce problème structurel, "nous devons mettre en commun nos moyens", explique Laurent Bernard. Au travers du groupement de marché FIM Ferroviaire, en partenariat avec la Fédération des industries ferroviaires (FIF), l'association des industries ferroviaires du Nord-Pas-de-Calais (AIF) et la filière des fournisseurs picards, nous organisons des actions collectives pour la filière.

Au programme: des journées thématiques sur la certification IRIS, des rencontres avec les industriels comme Bombardier Transportation, SNCF International...

L'industrie ferroviaire en 2006:

  • 3,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, dont 1/3 à l'exportation
  • 56 établissements industriels
  • 12500 salariés
  • 300 à 400 sous-traitants (mécaniciens, électriciens, électroniciens, plasturgistes et prestataires de services)

Source: Mécasphère

 

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