C’est un industriel équipementier qui préside désormais l’Association des Industries Ferroviaires : Daniel Capelle, directeur général de Valdunes France, souligne ce symbole "décisif".L’association qui rassemble 70 entreprises dont les constructeurs, affirme ainsi son champ d’intérêt premier, sa mission fondamentale : le terrain des PME, l’appui à leur développement, les conditions de leurs réussites, du succès de la filière régionale.
Le nouveau président pose en quelques phrases toute la logique de l’action de l’AIF : "Les grands noms du ferroviaire n’ont pas besoin de nous ; ils savent comment améliorer leur profitabilité, assurer la veille sur le marché, travailler l’innovation. Mais pour les petits, ce sont des dimensions parfois difficiles à maîtriser. Or ce sont trois axes sur lesquels se joue la réussite d’une entreprise. L’AIF est là pour répondre à leurs demandes, pour les épauler dans cette démarche nécessaire face à l’évolution du marché".
L’AIF est orientée vers les PME mais, vertu de la démarche associative, elle s’appuie sur les grands donneurs d’ordre, les constructeurs, Bombardier, Alstom. Comment les PME peuvent elles s’adapter aux exigences de leurs systèmes qualité, s’accorder à leur organisation logistique ? Comment peuvent-elles limiter leur "ferrodépendance", élargir leurs marchés, intégrer de nouvelles technologies, innover, appréhender de nouveaux champs d’application aux technologies et aux savoir-faire qu’elles maîtrisent ? La mission de l’AIF est de mutualiser la recherche des bonnes réponses. L’AIF intervient en apportant de l’information, de l’accompagnement.
Exemples
Les constructeurs, les ensembliers réduisent le nombre de leurs fournisseurs directs, souligne Daniel Capelle. L’évolution va se faire dans les cinq ans : il est impératif que les petits sous traitants s’organisent, se constituent en réseau de compétence. Les constructeurs modifient leur gestion de production en calquant celle-ci sur les modèles industriels du juste-à -temps. Au fournisseur de livrer à l’heure et sur la chaîne les équipements sous-traités. Quand un constructeur demande aux fournisseurs d’établir son planning de livraisons sur un portail internet, voilà qui peut perturber une entreprise rompue aux exercices traditionnels. L’AIF est intervenue sur le thème. Un séminaire rassemblant Bombardier et les fournisseurs a permis de présenter le portail, d’entendre des témoignages, de s’informer sur les droits et devoirs de chacune des parties. L’AIF travaille à la mise en réseau entre partenaires de la filière. L’association a vocation de plateforme de rencontre, de mutualisation des connaissances qu’elles portent sur l’innovation ou le développement.
Exemple l’appui à l’exportation. Pour ouvrir les PME vers les marchés à l’international des rencontres vont être organisées avec des équipementiers anglais et allemands. Ces rencontres font partie d’un programme d’actions 2007 comportant la mise en place d’une véritable boîte à outils export. Le marché du matériel ferroviaire est international : ouvrir l’horizon des entreprises, leur apporter des instruments simples, concrets permettant de se développer, d’accrocher des horizons nouveaux font partie des objectifs de l’association.
Dernier exemple l’assurance qualité : les soustraitants doivent intégrer dans leurs propres démarches les référentiels des constructeurs. C’est une condition sine qua non de leur pérennité. Pour les aider à comprendre, analyser et intégrer ces nouvelles conditions de travail et de qualité, l’AIF est aux côtés des PME. Le rôle pédagogique de l’Association est essentiel. Derrière ces démarches, c’est toute la réussite du tissu régional qui est en jeu. Donner aux entreprises les capacités de savoir répondre aux exigences des donneurs d’ordre, d’être au meilleur niveau pour rester fournisseur d’un marché soumis à de nouvelles concurrences. C’est à la fois le challenge et l’ambition de l’AIF.








